On rentre dans un café car la tempête est trop forte. “Chez coco”, la déco à peine installée évoque à la fois un bistro du bled avec ses tables carrées couvertes de nappes blanches, un coffee shop (avec cheese cakes et canapés en palettes) et un café associatif, où tout le monde peut se sentir chez soi. Pour Saïda, la gérante a co-créé le café avec sa soeur et est heureuse de voir ce café mixte. Le pari a été gagné “quand des femmes voilées ont commencé à entrer ici”. Pendant l’entretien une scène étonnante se recompose autour de nous. Il y a la table des hommes, ils parlent peu, entre eux et plutôt en arabe. Et juste à côté, une table de femmes, très maquillées, très volubiles, les gosses dans les basques. Elles parlent politique, elles accueillent entre voisines.